Une scène de grande tension s’est produite dans le district de Rumphi, au nord du Malawi, où l’enterrement d’une femme âgée a été brutalement interrompu par un conflit familial lié à une dot non entièrement réglée, provoquant une altercation publique et le retrait spectaculaire du cercueil.
Les faits se sont déroulés dans le village de Mhuju, sous l’autorité traditionnelle de Mwahenga, lors des funérailles de Gogo Nyahara, décédée le 6 février 2026. La défunte était mariée depuis plus de 50 ans à feu Mazolo, aujourd’hui lui aussi décédé.
Selon les proches de Gogo Nyahara, la famille du mari n’aurait jamais totalement réglé la dot exigée au moment du mariage. Un solde d’une vache resterait impayé, un détail qui, selon les coutumes locales, revêt une importance capitale.
Les membres de la famille de la défunte estiment que tant que cette obligation traditionnelle n’est pas honorée, l’enterrement ne peut avoir lieu dans le village du mari.

« Tant que la dot n’est pas totalement payée, Nyahara doit être enterrée à Junju, à Livingstonia », aurait déclaré un membre de la famille.
Des discussions auraient été engagées entre les deux familles afin de trouver une solution à l’amiable. Toutefois, les négociations ont échoué, notamment en raison d’un point crucial : le mari étant décédé, personne ne savait clairement qui devait assumer le paiement du solde restant.
Face à la durée du conflit et à l’avancée de la journée, le chef local a finalement ordonné que l’enterrement se poursuive, estimant que la situation ne pouvait plus durer.
Cette décision a provoqué la colère de la famille de la défunte. Des proches se sont violemment opposés au chef, allant jusqu’à le gifler, avant de s’emparer du cercueil et de quitter les lieux pour l’emmener vers Junju, à Livingstonia, lieu revendiqué pour l’inhumation.
Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des pleurs, des cris et une atmosphère de détresse, tandis que le cercueil est emporté sous les yeux des autres endeuillés, impuissants.

Cet incident relance le débat sur la place des traditions ancestrales dans les sociétés modernes africaines, notamment lorsqu’elles entrent en conflit avec le respect dû aux défunts et à la paix sociale.
Si la dot reste un pilier culturel important dans plusieurs communautés, ce drame met en lumière les conséquences humaines et émotionnelles que peuvent entraîner des différends non résolus, même plusieurs décennies après un mariage.
Une enquête locale pourrait être ouverte afin de faire la lumière sur les violences survenues et de déterminer les responsabilités dans cette affaire qui continue de choquer l’opinion publique au Malawi et au-delà.
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