Pendant plus de dix ans, son nom suffisait à semer la panique dans plusieurs États du sud-ouest du Nigeria. Godogodo n’était pas un simple bandit armé. Il était devenu une légende noire, un criminel dont la réputation faisait hésiter les commerçants, fermer les boutiques plus tôt… et parfois même reculer les forces de l’ordre. Derrière ce surnom se cachait Abiodun Egunjobi, un homme issu d’un milieu modeste, dont le parcours criminel allait marquer durablement l’histoire du banditisme nigérian.

Avant de devenir l’un des braqueurs les plus recherchés du pays, Godogodo menait une vie discrète. Il gagnait sa vie dans le commerce de ferraille, un secteur informel très répandu dans les quartiers populaires. Mais tout a basculé après une altercation violente qui l’a conduit en prison.

Faute de moyens financiers et d’assistance juridique, il y est resté bien plus longtemps que prévu. Cette détention prolongée, vécue comme une profonde injustice, aurait nourri chez lui une rancœur durable contre le système et les autorités. À sa sortie, l’homme n’était plus le même.

Peu après sa libération, Godogodo rassemble autour de lui des hommes armés et structurés. Très vite, son groupe se distingue par une organisation méthodique et une brutalité assumée. Les attaques ciblent des banques, des bureaux de change et des convois transportant de l’argent.

Contrairement à de nombreux gangs éphémères, celui de Godogodo s’inscrit dans la durée. Ses opérations sont rapides, violentes et souvent meurtrières. Des policiers tombent lors d’affrontements, ce qui renforce encore davantage la peur autour de son nom.

Ce qui rend Godogodo particulièrement redoutable, ce n’est pas seulement la violence de ses attaques, mais sa capacité à échapper systématiquement aux arrestations. Les forces de sécurité multiplient les opérations, sans succès.

Selon plusieurs témoignages recueillis après sa capture, le braqueur évitait les hôpitaux, se déplaçait discrètement, changeait fréquemment de cachettes et limitait ses contacts. Il vivait dans la clandestinité, mais avec une discipline presque militaire.

À force d’échecs, certains agents reconnaissaient en privé que le traquer relevait d’une mission à haut risque.

Après des années de cavale, la chance tourne. En 2013, une opération de police minutieusement préparée permet enfin de localiser Godogodo. Il est arrêté sans affrontement majeur, mettant fin à l’un des règnes criminels les plus longs de la région.

Lors de la perquisition, des armes lourdes et des munitions sont découvertes, confirmant l’ampleur de ses activités. Pour les autorités, son arrestation est une victoire symbolique : celle d’un homme que beaucoup croyaient insaisissable.

Aujourd’hui encore, le cas Godogodo continue de susciter des interrogations. Comment un individu a-t-il pu défier l’État aussi longtemps ? Pourquoi son parcours judiciaire reste-t-il peu médiatisé après son arrestation ? Et surtout, que dit son histoire sur les failles du système social et sécuritaire ?

Godogodo restera dans les mémoires comme le braqueur que même la police évitait, mais aussi comme le produit d’un environnement où l’injustice, la pauvreté et la violence se croisent dangereusement.

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