Une étudiante arnaque un réceptionniste pour aller investir dans Qnet.

D.Y, une étudiante en économie, a été jugée par la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso pour des faits d’escroquerie. Cette affaire met en lumière une arnaque orchestrée via les réseaux sociaux et des manipulations financières, selon Sidwaya.info.

D.Y, cherchant une « relation sérieuse », publie un avis sur Facebook pour trouver des prétendants. Un réceptionniste d’hôtel camerounais répond à son appel. Après plusieurs échanges, D.Y parvient à convaincre son prétendant de venir au Burkina Faso en lui promettant un emploi bien rémunéré. Elle lui demande de préparer un dossier pour intégrer une entreprise dirigée par son frère, une proposition alléchante pour le réceptionniste.

Pour organiser son voyage, D.Y fournit les coordonnées d’une prétendue sœur à qui le Camerounais verse 230 000 F CFA pour services rendus. Une fois arrivé à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, D.Y exige 530 000 F CFA pour les frais d’hébergement d’un an. Le réceptionniste, croyant toujours aux promesses de D.Y, s’exécute.

D.Y présente ensuite son prétendant à un bureau de Qnet, où elle est membre, faisant comprendre au Camerounais qu’il s’agit de son nouvel emploi. C’est à ce moment qu’il réalise qu’il a été trompé et décide de porter plainte.

Lors de l’audience du 24 juin 2024, D.Y ne nie pas les faits. Elle a précisé qu’elle a fait venir le Camerounais pour une relation sérieuse. Mais elle avait cependant besoin d’argent pour payer son adhésion à Qnet. A la question du juge de savoir pourquoi elle mène des activités au lieu de se consacrer à ses études, D.Y a répondu que le FONER (Fonds national pour l’éducation et la recherche) qui leur est octroyé est insuffisant. En plus, elle s’est lancée dans des activités commerciales et le Qnet pour meubler ses temps libres occasionnés par le chevauchement des années académiques dans son université.

D.Y affirme avoir remboursé les 530 000 F CFA à son ami dès son interpellation. Cependant, le réceptionniste camerounais était absent lors de l’audience. Le parquet a requis une peine d’emprisonnement de 24 mois et une amende d’un million de F CFA, le tout assorti de sursis à exécution.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, condamnant D.Y tout en l’avertissant des risques de compromettre son avenir par de telles pratiques.