Il arrive que certaines audiences dans les juridictions du Burkina Faso donnent lieu à des échanges courts mais suffisamment frappants pour retenir l’attention et mériter d’être rapportés. Lors d’une séance tenue devant un tribunal correctionnel d’une grande agglomération, un homme poursuivi par la justice a suscité la curiosité du public en exprimant son irritation face aux conditions de son interpellation.
Selon ses propos, des gendarmes se seraient présentés chez lui à l’aube pour procéder à son arrestation. Mis en cause pour des faits de stellionat, Abdoul — un nom d’emprunt — a vivement critiqué l’attitude des forces de l’ordre qui, après l’avoir appréhendé à son domicile, l’ont conduit directement à la Maison d’arrêt et de correction de la ville.
À l’audience, le ministère public a soutenu que le prévenu s’était soustrait aux convocations qui lui avaient été adressées. Une version que l’intéressé a catégoriquement rejetée, assurant s’être toujours présenté lorsque la justice l’appelait. Interpellé par le procureur sur les circonstances exactes de son arrestation, Abdoul a expliqué que les gendarmes l’avaient surpris très tôt, avant même qu’il n’ait eu le temps de prendre son petit déjeuner.
Face à cette déclaration, le procureur a répliqué que ce type d’intervention était habituel lorsque des personnes ne donnent pas suite aux convocations judiciaires, ajoutant que le respect de la loi aurait permis au prévenu d’éviter une telle situation.
Manifestement contrarié, Abdoul a reconnu les faits tout en soulignant que la manière dont il avait été arrêté lui avait déplu.
Après cet échange tendu, la juridiction a repris le cours normal de l’examen du dossier.
source: Justice Infos Burkina












