Un ami de fac d’Hamed Bakayoko brise le silence : “Il n’a pas été renvoyé de l’université, il a mis fin à ses études”

Theodore Niamien, ex-journaliste au Patriote, ami de fac d’Hamed Bakayoko depuis 1987, brise le silence et livre son témoignage sur la raison pour laquelle celui-ci a mis un terme à ses études.

Je suis sollicité pour livrer mon témoignage sur ta vie…mais je ne sais quoi dire, quoique nos chemins se soient croisés depuis le 7 décembre 1987. C’était au mess des officiers de Ouagadougou. Nous fêtions l’indépendance de la Côte d’Ivoire, quelques petites semaines après le coup d’état qui avait emporté Thomas Sankara. Ce jour-là, Tout Ouagadougou pliait sous le couvre-feu, SAUF LES IVOIRIENS.

On a dû comprendre que tu étais passé par là quand tu es arrivé à la fête avec la Première dame Chantal Compaoré. Personnellement j’ai compris que tu aurais un destin exceptionnel. A Ouaga, nous y étions pour contourner le probatoire, mais pas toi. Tu es arrivé à Ouagadougou déjà bachelier. Toi seul savais pourquoi tu avais choisi le Burkina Faso pour tes études en médecine. Tu portais déjà ton surnom Hambak. Deux ans plus tard nos chemins se sont croisés à nouveau et pour toujours.

A 25 ans, Directeur de Publication du Journal “Le Patriote” tu étais déjà très protecteur. Jeunes étudiants, nous travaillions tous avec des pseudonymes, sauf toi bien sûr. Tu as appris très tôt à  assumer et à t’assumer. Et quand venait le moment d’aller chercher les résultats des examens, tu nous disais : “Je vous envie. Moi je ne peux plus me rendre dans un amphi”. La lutte était déjà rude et nous avions déjà perdu Thierry Zebié. Ta sécurité n’étant plus garantie dans les campus, c’est le cœur serré que tu nous regardais courir au campus veiller sur nos résultats. Il le faut le dire tout net.

Tu n’as pas été renvoyé, tu as tout simplement arrêté tes études en médecine. Protecteur jusqu’au bout des doigts, il t’arrivait même de nous visiter dans nos studios avec ta veste sur la tête, histoire de ne pas te faire reconnaître et nous attirer des ennuis. Que dire aujourd’hui de toi ? Sur toi ? Je me revois encore avec toi sur le parvis de l’Élysée. C’était en 1992, attendant aux côtés de confrères sénégalais, sud-africains, togolais…l’entrée du président Houphouët-Boigny.

Marcher à côté de toi a toujours été une fierté pour nous autres. Le groupe de presse que tu as mis sur pied avait battu tous les records de vente avec un tirage de 50000 exemplaires. De là sortira ton surnom de Golden Boy que tu as su savamment entretenir avec les succès que tu as enregistrés dans bien d’autres affaires (boîtes de nuit, restaurant, productions de spectacles…)

Je te revois me donnant des conseils dont seul toi a le secret. “Theo, arrêtes de travailler pour les autres. La table du conseil des ministres est pleine de gens qui ne te valent pas. Oses tout simplement un peu, et tu verras”. Que dire de toi ? Je me perds finalement…

Theodore Niamien

source: afriksoir.net