Ouganda : vers une réduction drastique du montant de la Dot aux filles non-vierges

Les filles ayant perdu la virginité se verront bientôt en Ouganda réduire le coût de leur Dot, pour certains députés de ce pays, il est inconcevable que des hommes dépensent d’énormes sommes d’argent pour prendre en mariage certaines filles alors que ceux qui les ont dépuceler n’ont presque rien débourser.Une contribution symbolique sera recommandée à cet effet.

La Cour suprême ougandaise a décidé en 2015 qu’il devenait illégal d’obliger la famille d’une épouse à rembourser la dot en cas de divorce. Il était jusqu’ici impossible pour une femme, en Ouganda, de divorcer si sa famille ne parvenait pas à restituer l’argent versé lors de l’union. Ce qui maintenait certaines épouses sous l’emprise de leur mari.

L’Ouganda fait partie des pays où le paiement de la dot reste une institution. Il semble inimaginable que la famille du marié ne verse pas de l’argent ou n’offre pas des biens à la famille de l’épouse. A l’inverse, le divorce n’était jusqu’ici possible que si cette somme ou son équivalent étaient restitués.

Cela fait plusieurs années que cette pratique est dénoncée par l’ONG ougandaise Mifumi. Car selon cette organisation, le paiement de la dot « réduit la femme à du bétail, à une chose que l’on possède et qui peut être achetée ou échangée contre de la marchandise ».

Selon Mifumi, le système de la dot et de son nécessaire remboursement favorise les violences conjugales. Car, si elle n’a pas les moyens de rembourser sa belle-famille, une épouse maltraitée ne peut échapper à son mari.

En 2007, Mifumi avait saisi la Cour constitutionnelle ougandaise pour demander que l’acceptation du divorce ne soit pas soumise au paiement de la dot. Sa demande a été dans un premier temps rejetée, mais l’ONG a décidé de faire appel devant la Cour suprême.

Cette dernière instance a estimé que l’obligation de rembourser la belle famille était inconstitutionnelle. « Le remboursement met la dignité de la femme en péril », a même estimé le président de la Cour suprême, Bart Katureebe, dans les colonnes du quotidien Daily Monitor.

Cette agitation est la conséquence directe de plusieurs cas d’infidélité survenus après le mariage coutumier. Pour éviter que des familles se déchirent sur la question du remboursement de la dot, les députés envisagent de voter une loi qui réduirait drastiquement le coût de la dot chez les filles non-vierges. Une proposition de loi qui semble plaire aux hommes et déplaire aux femmes.

Pour des ONG, il s’agirait d’une loi qui cataloguera les femmes ayant connues une vie sexuelle avant le mariage au point de les dévaloriser face aux filles vierges. Mais les hommes pensent que cela encouragerait plutôt les filles à éviter la débauche et à se préserver pour leurs futurs époux. Car la dot est un honneur pour la famille de la fiancée en Ouganda.

source: lolakayacongo.net