Des tricycles servent d’ambulances au Ghana

Le Ghana est déclaré pays à « risque médical élevé » par la société de sécurité médicale International SOS, basée à Singapour, les populations utilisent des tricycles pour évacuer des malades ou des blessés.

Dans ce pays où le système d’urgence médicale est mal géré, dans les zones reculées notamment, des initiatives locales se développent pour essayer de remédier au manque d’ambulances.

C’est le cas dans le nord, où les populations utilisent des tricycles plus connus sous le nom de Maza, pour évacuer rapidement les malades et les blessés.

Priscilla Solomon, 20 ans, mère d’un bébé de deux mois, réside à Kolik, une ville reculée du nord du Ghana, où il n’y a pas d’établissements de santé. Sans le système de transport assuré par les tricycles Maza, elle aurait perdu son bébé.

« Il était environ 19 heures lorsque j’ai commencé à ressentir des douleurs au ventre. J’ai réveillé ma belle-mère qui a appelé le chauffeur de tricycle pour qu’il m’emmène à l’hôpital le plus proche, à environ 10 kilomètres. La route est mauvaise. Je me suis senti mal à l’aise. Mais je suis heureuse d’avoir donné naissance avec succès », raconte Priscilla Solomon.

Les services de santé d’urgence sont mis à mal dans cette partie du pays, en raison de la mauvaise qualité des routes.

Elles sont rugueuses et boueuses. Les ambulances qui les empruntent tombent presque toujours en panne.

Le Ghana ne compte que 55 ambulances desservant une population de plus de 28 millions d’habitants, notamment dans les zones urbaines.

Les patients en situation d’urgence dans les zones reculées sont laissés à eux-mêmes. Ils font recours aux tricycles motorisés qui offrent des services de transport d’urgence aux femmes enceintes surtout.

Le service des transports Maza fournit des soins vitaux en temps opportun. Dr Nana Twum-Danso est l’auteur de cette initiative. « Lorsque vous êtes très malade et en situation d’urgence, le temps presse.

Beaucoup d’études menées il y a 20 ou 30 ont montré qu’il y a parfois des gens cherchent des moyens de transport, ce qui fait perdre du temps. Et lorsqu’ils arrivent à l’hôpital, il est peut-être trop tard.

La mère peut perdre le bébé. Elle est elle-même en danger. Nous essayons de réduire les délais », explique Dr Twum-Danso.

Bien que cela puisse constituer une mesure provisoire pour sauver la vie de femmes comme Priscilla, le gouvernement ghanéen devra trouver une solution durable au problème des soins de santé d’urgence, notamment dans le nord du pays.

source: bbc.com