L’Anses a identifié une soixantaine de substances chimiques potentiellement dangereuses, dont du glyphosate.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) publie ce mercredi un rapport aussi inédit qu’alarmant sur les couches jetables.

L’Anses a en effet identifié la présence d’une soixantaine de substances chimiques potentiellement toxiques, dont du glyphosate, l’herbicide tant décrié vendu par Monsanto. C’est la première fois qu’une agence internationale officielle se penche sur ces produits du quotidien et destinés à un public fragile. Pour rappel, en moyenne, dans les premiers mois, on change la couche d’un bébé six à huit fois par jour.

D’après Le Monde, l’agence pointe « la présence de différentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables qui peuvent notamment migrer dans l’urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés ». Des pesticides interdits depuis quinze ans comme des hydrocarbures aromatiques polycycliques (que l’on retrouve dans la fumée de cigarette ou des moteurs diesel) ont aussi été retrouvés parmi les 23 types de couches analysés. Et les couches jetables dites « écologiques » ne sont pas épargnées. Pour certaines de ces substances, des « dépassements des seuils sanitaires » (calculés notamment sur la base des valeurs toxiques de référence) ont été constatés.

L’opacité des fabricants pose question

Les experts citent ainsi un certain nombre de risques, allant de l’apparition d’allergies cutanées – plutôt classiques – à des dérèglements de l’appareil reproductif jusqu’à la formation de cancers. Le rapport pointe un manque de transparence sur la composition précise de ces couches et demande aux fabricants d’éliminer ces substances. Autre préconisation de l’Anses : le renforcement de leur contrôle sur le marché.

A l’origine de cette enquête, on retrouve les révélations publiées en 2017 et en 2018 par le magazine 60 millions de consommateurs. En octobre 2016, déjà, Le Parisien révélait les travaux d’un laboratoire indépendant sur les couches Pampers, très copiées sur le marché, qui concluait à la présence de HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) dans les couches de cette marque. Précisément du benzo anthracène et du chrysène, des dérivés du pétrole classés cancérogènes par l’Union européenne.

source: leparisien.fr