De retour au pays, Damana Pickass : « Ce que j’ai vécu, je ne veux pas que mon ennemi vive ça »

24 heures après son retour au pays, Damana Adia Pickass était dans la commune de Yopougon où il a pris part à l’Assemblée Générale du Front Populaire Ivoirien (FPI) de la tendance Assoa Adou.

Il est revenu sur les élections de 2010 qui ont déclenché à la crise post-électorale qui l’a contraint en exil au Ghana. L’élément clé de ladite crise martèle que son mentor Laurent Gbagbo a bel et bien gagné les élections.
 « Le FPI a remporté les élections de 2010. Ils ont contesté notre victoire, on leur a dit, recomptons. La Communauté Internationale s’est opposée et la guerre est arrivée. Ils ont attaqué le pouvoir du Président Laurent Gbagbo, nous avons perdu la bataille et ils ont déporté le Président à la Haye. S’est suivi, la chasse aux sorcières. Cette crise a poursuivi les militants du FPI jusque dans les foyers », a confié le vice-président du FPI. « 

 Poursuivant, il a indiqué qu’envoyant Laurent Gbagbo à la Haye, le but était de diviser son parti.
 « Mais ils ne savaient pas à qui ils avaient affaire et le FPI adore quand on se trompe sur son compte, sur sa capacité de résistance. Nous nous sommes organisés partout, dans le pays, en exil, dans la diaspora et nous avons refusé de nous associer au brigandage, à ce partage du gâteau honteux. Nous avons refusé toutes les élections. Et parce que nous avons été fermes et intraitables, la lutte a payée », affirme Damana. « 

Pour ceux qui ont peur du retour de Gbagbo, il rassure que ce dernier n’est habité par aucune rancune.
 « Laurent Gbagbo a annoncé son arrivée en Côte d’Ivoire et ça n’a pas été facile et ils sont surpris de son retour. (…) N’ayez pas peur du Retour de Laurent Gbagbo. Ce n’est pas un retour de haine, de vengeance. Ce n’est pas un retour de terreur et de désordre. Ce n’est pas dans cette perspective qu’il envisage son retour », a ajouté l’ancien exilé, avant de lancer un appel aux militants du FPI. « Cependant, Militants du FPI, Ayez le Triomphe modeste. Votre responsabilité dans l’avènement de la paix et de la réconciliation nationale est fondamentale. C’est nous qu’on a martyrisé, c’est nous qu’on a pourchassé. C’est nous qui avons nos militants les plus nombreux en prison, je pense au Jeune Koua Justin. C’est nous qui devons faire le plus grand sacrifice pour aller à la paix en Côte d’Ivoire. On va aller à la réconciliation, on va pardonner parce que nous voulons donner une chance à la paix.  «  (…) Nous, nous revenons d’exil et il y a des gens qui parlent d’exil avec une aisance déconcertante. Il n’y aura pas de mots pour parler de l’exil. Aujourd’hui il y a encore environ 8000 ivoiriens dans les camps de réfugiés. On doit par notre attitude faire en sorte qu’ils reviennent. Tant qu’il y a des camps de réfugiés, il y a toujours l’esprit de la division en Côte d’Ivoire. Il faut que nos camarades rentrent, en accord avec le gouvernement ivoirien. » « 

Damana Pickass a été également remercié le pouvoir en place qui a favorisé leur retour au pays en demandant d’aller plus loin en réunissant toutes les conditions possibles pour le retour de l’ancien président ivoirien et de révéler.
 « Je suis allé en exil avec ma famille, mes enfants, car nous tous étions en danger. Mais ce que j’ai vécu, je ne veux pas que mon ennemi vive ça. Dans les camps de réfugiés, il y a plusieurs générations et qui vivent dans la misère. » « 

Donatien Kautcha, Abidjan 

source: koaci.com