CPI : Fatou Bensouda s’en va

Le temps de la succession a sonné. La procureure Fatou Bom Nyang épouse Bensouda s’en va de la Cour pénale internationale. Le processus de sa succession sera enclenché dès ce lundi 15 juin 2020 et prendra fin dans un an. C’est-à-dire le 15 juin 2021, date de sa neuvième et dernière année de présence à la tête de la CPI.

Dès ce lundi donc, conformément aux textes de fonctionnement régissant la CPI, le comité d’experts mis en place à cet effet, et composé de diplomates, de magistrats, d’avocats et bien d’autres personnalités du monde judiciaire va procéder à l’étude et au dépouillement des dossiers des candidats à la succession de Fatou Bensouda.

Ainsi au bout de ce processus, selon nos sources, quatre ou six candidats seront soumis à l’appréciation des 123 pays ayant ratifié le Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale. En définitive, celui des candidats dont le choix aura rencontré l’assentiment des 123 pays membres de la CPI succédera ainsi à la procureure Gambienne Fatou Bom Nyang épouse Bensouda.

On le sait, son mandat à la tête de cette juridiction internationale n’a pas été un cour d’eau tranquille, tout comme celui de son prédécesseur argentin Luis Moreno Ocampo. Engluée dans le dossier ivoirien, l’épouse de Philippe Bensouda, homme d’affaires israélien, d’origine marocaine, n’a pas été capable de faire comparaître devant la CPI, le camp du président Ouattara, l’autre partie au conflit ivoirien.

Qu’en est-il du résultat de l’enquête dont elle disait avoir diligenté en Côte d’Ivoire dans le cadre de la crise postelectorale et pour laquelle le président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goude ont été transférés à La Haye ? Au moment où Fatou Bensouda s’apprête à faire ses dieux à l’institution judiciaire internationale, réussira t-elle à réconcilier la Cour pénale internationale avec les africains qui ont une idée plutôt négative de ce « tribunal politique » ?

Autant d’interrogations sans réponses qui donnent clairement à penser que Fatou Bensouda était en mission commandée. Elle quitte donc la tête de la Cour pénale internationale après y avoir joué pleinement sa partition dans la déportation de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goude à La Haye, aux Pays-Bas.

Selon nos sources, le prochain procureur de la CPI sera un européen, conformément aux textes de fonctionnement régissant cette juridiction internationale qui a maille à partir avec les États-Unis. L’administration Trump a autorisé des sanctions économiques contre la procureure Fatou Bom Nyang épouse Bensouda et les dirigeants de la CPI relativement aux dossiers Afghan et Israélien, deux pays alliés des États-Unis.

Pierre Lemauvais
Source : news-af.feednews.com