Cote d’Ivoire : Une Génération de Femmes indépendantes, libres et sans mari” 2e bureau “. Plutôt vivre seules que mal accompagnées

Dans ce bar où elle a l’habitude de retrouver ses copines, comme dans tous les endroits branchés d’Abidjan, Amie 30 ans, connaît chaque prénom, du gérant aux serveurs. Cet excellent sens du contact mêlé à un subtil brin de séduction lui permet de passer sa ­commande sans relever la tête de son téléphone : textos à ses amis, publications destinées à ses nombreux ­followers sur Facebook, courriels à ses clients., la batterie de son Smartphone à la coque fluo est constamment déchargée.

Mère d’une petite fille de 3 ans et responsable du département Internet de Voodoo, l’une des sociétés de communication les plus en vue de la Côte d’Ivoire, Amie a peu de temps pour décompresser. Et sous ses allures de femme fière et décidée se cache une profonde blessure. Peu de temps après la naissance de sa fille, elle a quitté son conjoint après une dispute de trop dont elle refuse pudiquement d’évoquer les détails. ” J’ai réalisé que j’étais dans une relation où je ne pouvais pas m’affirmer, alors j’ai décidé d’y mettre un terme. Mes parents ont insisté pour que je reste avec lui et m’ont demandé d’être soumise, mais vu que je me prenais en charge financièrement, j’ai pu leur imposer mon point de vue. “

Par cet acte, Amie a intégré une catégorie sous-représentée en Côte d’Ivoire, celle des femmes qui, grâce à des études souvent longues, n’ont pas besoin d’un homme pour les entretenir et peuvent ainsi se permettre d’être exigeantes. Trop peut-être : dans une société qui conditionne l’épanouissement d’une femme à son mariage, elles ont bien du mal à trouver leur place.

Pression sociale au quotidien

Mère célibataire et autonome, Amie a bien conscience de sa différence, il lui suffit d’observer le regard que les autres femmes de son âge posent sur elle. Un regard teinté de désapprobation, parfois d’envie. ” Je sors avec des amis, ce n’est pas convenable aux yeux de la société, explique-t-elle. Mais les gens sont obligés d’accepter parce que j’ai une situation professionnelle qu’ils admirent. “ Mais Amie vit cela comme un célibat subi.

” Je ne veux et ne peux plus rentrer dans le carcan de la femme qui n’a pas son mot à dire. ”

” Je n’arrive pas à trouver un homme qui accepte ma conception du couple, déplore-t-elle. Je ne veux et ne peux plus rentrer dans le carcan de la femme qui n’a pas son mot à dire. Le couple, c’est une équipe complémentaire, avec d’abord de l’amour et du respect mutuel. “ Cette vision de la vie à deux est…….lire la suite sur lemonde.fr