Côte d’Ivoire : Décès d’Hamed Bakayoko, un médecin français réagit : « le cancer, c’est le pire des empoisonnements »

Sur internet, l’avatar de l’ancien président de l’Assemblée Nationale a opté pour une stratégie d’exploitation du biais cognitif dans le jeu politique ivoirien où tous les coups sont permis, même les plus infâmes.

Sur l’épisode des soucis de santé d’Hamed Bakayoko, il aura articulé une thèse captable et, à son avantage, par et pour un ensemble majoritairement peu enclin au savoir, surtout dans des domaines pointus, voire élitistes, telle la médecine.

C’est ainsi que surgit l’empoisonnement d’Hamed Bakayoko par des proches du chef de l’Etat, dans le viseur de l’exilé, peut être amer, depuis des mois.

Le souci de ce genre de thèse est que si elle peut fleurir chez les ignorants jusqu’à sa viralité, elle est source de désolation chez les sachants.

Contacté par KOACI, un personnel du corps médical de l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine (France, ndlr), là où fut transféré Hamed Bakayoko le 18 février dernier, sera étonné d’apprendre qu’en Côte d’Ivoire, des personnes aient pu croire à un empoisonnement.

« C’est une blague ou quoi ? Quelqu’un qu’on empoisonne et qui peut prendre l’avion et faire un voyage de 5 h ?, quand même un peu de sérieux même si de nos jours la bêtise domine sur internet, les empoisonnés décèdent en général en quelques minutes. », expliquera-t-il, acceptant de converser avec nous dans ce contexte de deuil national, sous couvert d’anonymat requis.

« Vous savez, ces gens là (ceux qui croient à la thèse, ndlr) ignorent surement ce que sont les cancers comme ceux du péritoine par exemple qui sont extrêmement difficiles à diagnostiquer même dans les plus grands laboratoires et lorsqu’on les découvre par le fait d’un stade avancé, c’est déjà trop tard. », poursuit-il sans pour autant évoquer le cas personnel d’Hamed Bakayoko par respect du secret médical.

Notre interlocuteur clarifiera par ailleurs un point essentiel, celui du diagnostic d’un décès et sa raison officielle.

« Peut être qu’en Côte d’Ivoire ça se fait, je ne saurais vous le dire, mais en France ou en Allemagne, au constat d’un mort, le corps médical n’avance pas d’autres raisons que celle de la mort. Si on décède d’un cancer, c’est qu’on est mort d’un cancer, et vous savez, le cancer, c’est le pire des empoisonnements de nos jours dans nos sociétés. », conclura-t-il avant de raccrocher.

Pour rappel, Hamed Bakayoko est décédé dans sa 56e année en Allemagne le 10 mars dernier des suites d’un cancer. Après un deuil national de 8 jours, il fut inhumé hier à Séguéla, ville d’origine de ses parents.

Enfin, se tient ce dimanche la cérémonie religieuse traditionnelle de Sacrifices de 7ᵉ Jour, à la Mairie d’Abobo.

Amy Touré

source: koaci.com