Un dossier sensible lié à l’atteinte à la vie privée a été examiné par la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso, le vendredi 2 janvier 2026. Razak (nom d’emprunt), âgé de 20 ans, est accusé d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo intime de son ex-petite amie, Aïcha (nom d’emprunt).
Selon les éléments du dossier, les faits remontent à l’année 2024. Aïcha affirme avoir découvert, à cette période, une courte vidéo la montrant nue publiée sur le statut WhatsApp de Razak. Bien que son visage ait été dissimulé à l’aide d’un autocollant, la jeune femme s’est immédiatement reconnue. Choquée, elle n’avait cependant pas réagi sur le moment.
Une vidéo qui refait surface en 2025
L’affaire prend une autre tournure en 2025, lorsque la vidéo continue de circuler dans plusieurs groupes sur les réseaux sociaux, jusqu’à atteindre l’établissement scolaire de la jeune femme. Alertée par sa cousine, Aïcha décide alors de saisir la justice et de porter plainte contre son ex-compagnon.
À la barre, Razak rejette catégoriquement les accusations. Il nie toute implication dans la diffusion de la vidéo et soutient n’avoir jamais été en possession d’un tel contenu.
Des versions contradictoires à l’audience
Selon la plaignante, la vidéo aurait été extraite de son téléphone portable, tombé en panne. Elle explique avoir confié l’appareil à Razak afin qu’il le fasse réparer. Avant de lui remettre le téléphone, elle affirme lui avoir communiqué le code d’accès.
« C’est à ce moment-là qu’il a dû transférer la vidéo dans son téléphone », déclare-t-elle devant le tribunal.
Aïcha ajoute que lorsqu’elle avait aperçu la vidéo sur le statut WhatsApp de Razak, elle s’en était plainte. Ce dernier lui aurait alors remis la somme de 2 000 FCFA, après quoi elle n’avait plus évoqué l’affaire jusqu’à la nouvelle diffusion de la vidéo en 2025. Des faits que le prévenu conteste formellement.
Interrogée par les juges sur les circonstances de la réalisation de la vidéo, la jeune femme explique l’avoir faite pour elle-même. Une réponse qui suscite des échanges tendus à l’audience, avant qu’elle ne choisisse de garder le silence.
Le parquet convaincu de la responsabilité du prévenu
Un ami de Razak, entendu à titre de renseignements, reconnaît avoir transféré la vidéo depuis le téléphone de Razak vers le sien. Une déclaration qui fragilise la défense du prévenu, lequel maintient que la vidéo n’a jamais transité par son appareil.
Pour le ministère public, les faits sont clairement établis. Le parquet estime que Razak est la seule personne à avoir eu accès au téléphone et au code de la victime. En conséquence, il demande au tribunal de le déclarer coupable d’atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui, conformément à l’article 524-9 du Code pénal.
Dans ses réquisitions, le procureur sollicite une peine dissuasive afin de décourager ce type de pratique : six mois de prison ferme et une amende de 250 000 FCFA assortie de sursis.
Verdict attendu
Après les débats, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré. La décision est attendue pour le 16 janvier 2026.
Cette affaire relance une fois de plus le débat sur la diffusion de contenus intimes sans consentement, un phénomène de plus en plus fréquent avec l’usage des réseaux sociaux.
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