Le pôle économique et financier du Tribunal de grande instance Ouaga I a connu une audience particulièrement tendue ce vendredi 30 janvier 2026. Dans le dossier de traite de personnes et de proxénétisme impliquant Tasséré Ouedraogo et une vingtaine de coaccusés, le ministère public a requis des sanctions sévères, allant jusqu’à la fermeture définitive du site de prostitution connu sous le nom d’« Allatikouma ».

Selon le parquet, ce lieu, actif depuis plus de vingt ans dans la capitale burkinabè, aurait servi de base à un vaste système d’exploitation sexuelle structuré. Les enquêteurs ont mis en évidence un mécanisme lucratif reposant sur la prostitution d’autrui, avec des frais hebdomadaires imposés aux travailleuses du site. Les perquisitions ont permis d’identifier plus de 200 chambres, près de 300 personnes interpellées et, fait particulièrement alarmant, la présence de plusieurs mineures parmi les victimes.

Au-delà des faits de proxénétisme, le ministère public a insisté sur l’impact social et sanitaire du site, présenté comme un foyer de délinquance, de trafics et de dégradation morale. L’exemple d’une jeune fille étrangère, enlevée alors qu’elle était mineure et contrainte à se prostituer, a illustré la gravité des accusations portées contre le réseau.

Face à ce que le parquet qualifie de système organisé d’exploitation sexuelle, il a requis des peines de prison, des amendes, la confiscation des biens et l’expulsion des prévenus étrangers après l’exécution de leurs condamnations. La défense, de son côté, a plaidé la clémence et la relaxe.

Le dossier a été mis en délibéré. Le verdict est attendu pour le mercredi 4 février 2026.