Adjamé, Agban, Attécoubé, Cocody, etc. : Voici la vraie origine de ces noms de quartiers à Abidjan

Dans un récit daté de 1846, l’amiral Bensson, l’un des premiers explorateurs ayant parcouru la bande lagunaire allant de Bassam à « Dabo dabo » (Dabou), faisait état de l’existence d’une tribu du nom de « Abid’jean », soit ½ siècle avant les travaux de la Maison Houdaille en 1899, pour une étude d’installation des commerces et des habitats sur le site de Santé au Plateau.

1899, date à laquelle, le colon et la dame Tchabia (femme ébrié), ont été susceptibles de se rencontrer, rencontre ayant donné le nom « Abidjan », suite à un quiproquo : le colon pensant que la dame lui désignait le nom du lieu, tandis que la dame revenant de la cueillette des feuilles lui répondit « min tchan bi, djan », qui signifie littéralement « je reviens de la cueillette de feuilles », version officielle qui n’est pas la réalité.

Abidjan, est le nom, le plus connu des Kobriman (une fraction de migration venue de la région de Kwabrè au Nord-est de l’actuel Ghana), donné par les Bobo, après les avoir surpris tôt un matin endormis sur des feuilles fraichement coupées, faits atypiques des anciens habitants de la zone (Brékégonin & Bobo). Abidjan désigne le lieu occupé par les Bidjan (Kobriman).

Les Bidjan, sont composés de 7 villages dont Cocody Village, Bidjan Adjamé, Agban Village, Attécoubé (Bidjan té), Locodjro, Anoumabo, Bidjan Santé.

COCODY.

Cocody, qui se prononce « Cocoly », le village le plus ancien des Bidjan, constitué par une vague de migration des Brékégonin. Le nom Cocoly désigne le génie titulaire des eaux (baie de Cocody), du village. Cocoly désigne également « les hautains », « les guindés», les habitants du village « Colyman ».

Jadis, Cocody, était situé à l’actuel boulevard lagunaire, non loin du stade Félix Houphouët Boigny (ex stade Géo André). Déplacé à l’actuel site en 1912, suite aux travaux de constructions du boulevard lagunaire, devrant relier la capital Bingerville au quartier de commerces et d’habitats du Plateau.

ABIDJAN ADJAME.

Abidjan Adjamé, est le chef-lieu, le lieu de rassemblement, de réunion des Bidjan, comme l’indique son nom « Adjamé ». Jadis le village se situait non loin de l’Indénié au Plateau, près du génie titulaire des eaux du village « Gougou ».

NB Quartier Indénié, site portant le nom d’un exploitant forestier Amoata Kouamé venu de l’Indénié, qui avant sa scierie à cet endroit.

LOCODJRO.

Locodjro, désigne le génie tutélaire des eaux du village, jadis au versant de l’actuel « Présidence de la république », site couvrant la Carena. Locodjro et Anoumabo constituaient, le même village « Goblo », site situé à l’actuel bureau des finances au Plateau, séparé suite à une épreuve d’ordalie impliquant une femme et sa sœur Djaman Sou et Djaman Loyô, blanchies elles quitteront le village, pour fonder Anoumabo.

En 1899-1905, les habitants confrontés aux exactions du colon, furent obligés de quitter le village pour l’actuel village de Locodjro, à l’autre rive jouxtant l’ancien village.

ANOUMABO.

Anoumabo, nom donné par les colons au village de Dugbeyo, en référence au village d’Anomabo au Ghana, car la structure du village leur faisait penser à celui du Ghana (village de cocotier). Anoumabo, signifie littéralement la forêt des oiseaux « roussettes ». Anouabo était situé sur le site de l’actuel ru du commerce, village voisin de Locodjro. En 1899-1905, les habitants confrontés aux exactions du colon, furent obligés de quitter le village pour le site de l’actuel Bateau Bus (Sotra, Aqualines, STL). Ensuite de 1966-1977, ils amorceront leur déplacement sur le site actuel de Marcory, suite à la demande de l’état, le site ayant servi à la construction du Pont De Gaule.

NB Anoumabo, ensuite Comikro et enfin en 1937 par décret Treichville en mémoire de Treich Laplène.

ABIDJAN SANTE.

Bidjan Santè, village jadis constitué de personnes désignées pour effectuer des travaux spécifiques (commando, rites sacrificiels, etc…) ; C’est sur le site de Santé, situé à l’actuel camp Galieni, Bibliothèque National que s’installèrent tout d’abord les Colons. De 1899-1905, les habitants confrontés aux exactions du colon, furent obligés de quitter le village pour s’installer tout d’abord à l’actuel site de l’ex Hotel Sebroko Frantel et ensuite sur le site actuel, situé à la rive opposée du côté septentrional.

ABIDJAN AGBAN.

Abidjan Agban, est la frontière du Goto Bidjan (Goto désigne un groupe), centre névralgique du Goto, zone de guerre, de conflits, peuplé par les vaillants guerriers des villages du Goto. Village où l’on effectuait les plans d’attaques, de ripostes, etc…

ATTECOUBE.

Attécoubé, communément appelé Bidjanté, désigne le village de bas, peuplé majoritairement jadis de jeune. Bidjanté est le centre religieux, du Goto, car en effet les décisions sont prises à Adjamé et la prière pour la réussite des décisions se faisait à Até (Bidjanté).

NB : Bramakoté (M’branman Kouté), désigne le lieu où l’on parquait les animaux, car pour le ravitaillement en bétail, les Colons faisaient venir par voie ferroviaire, des bovins, des ovins, de l’hinterland et la sous-région, le lieu situé près d’une gare ferroviaire servait à l’enclos de ces animaux.

Photo : Marché d’Adjamé en 1950.  

source: afriksoir.net